Avec le soja, Florence Ngaleu combat la malnutrition chez les nourrissons

A la tête d’une entreprise spécialisée dans la transformation et la commercialisation des produits agro-alimentaires sans additif, elle  met à la disposition des mamans des bouillies et laits de soja sucrés et non sucrés pour l’alimentation des enfants.

 

Maintenir l’équilibre alimentaire chez les nourrissons. Tel est le défit que s’est donnée Florence Ngaleu depuis bientôt 9 ans à Douala, capitale économique du Cameroun. Pour accompagner les parents démunis dans la prise en charge alimentaire de leur progéniture, cette dame d’une trentaine d’années a décidé de créer  une usine de transformation et de commercialisation des Produits agro-alimentaires au Cameroun (Pronac). Son but ? Mettre à la disposition des camerounais, toute catégorie confondue, principalement les enfants, mais aussi les adultes et personnes âgées, des produits bio issus de l’agriculture locale.

Depuis 2007, Florence produit et commercialise à moindre coût des céréales fabriquées à base du soja, qu’elle a baptisées « Floga ». Il s’agit en fait du soja, son lait sucré ou non sucré, le tofu de soja, crème brésilienne de soja, viande hachée à base de soja et de la bouillie de maïs. Mais la force de son entreprise réside dans son lait et sa bouillie du soja, très sollicités pour la nutrition des nourrissons. Contrairement au lait de vache, le lait de soja ne contient pas de lactose, de calcium, de cholestérol  et d'acides gras saturés.

« Le Soja est très nourrissant, riche en protéines et très important dans la ration alimentaire des enfants.  J’utilise uniquement des graines sans additif. Ils sont très conseillés pour les nourrissons et même les personnes âgées. Ils contribuent à la croissance et à l’équilibre alimentaire », explique Florence. Au Cameroun, selon les statistiques, 33% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance alors que  35% d’entres eux souffrent d’une carence en vitamine A.

500 F. Cfa pour réduire la malnutrition

A la différence des grandes marques de lait infantile fait à base du lait de vache qui inondent les grandes surfaces et à des prix exorbitants, ce lait végétal s’impose en raison de son faible coût, 500 F Cfa sur le marché camerounais. « Les produits laitiers dans nos marchés ne sont pas  à la portée du camerounais moyen. J’ai pensé qu’en mettant à la disposition des familles le lait végétal, vendus deux  fois moins chers, on réduira considérablement la malnutrition chez les nourrissons. Le lait du soja a plusieurs vertus et prévient beaucoup des maladies. Un sachet peut être conservé pendant un an », soutient ce chef d’entreprise.

Très sollicité au Cameroun et dans la sous-région Afrique Centrale, la fondatrice de Pronac rêve de commercialiser ses produits dans toute l’Afrique et le reste du monde. Cette petite entreprise qui a commencé avec un chiffre d’affaire de 8 millions de Francs Cfa se chiffre, 9  ans après sa création, à près de 14 millions F Cfa. « De plus en plus, le gouvernement sensibilise la population sur l’importance d’introduire la bouillie et le lait de soja dans la nutrition des enfants et la création des plantations de soja », souligne-t-elle. Un apport non négligeable pour la lutte contre la malnutrition. 

M.M

 

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.