Des huiles essentielles à base d'épluchures d’orange

Des huiles essentielles à base d'épluchures d’orange Martial Bella dans son laboratoire. Crédits: Google

 Martial Oden Bella, le jeune patron de Bellomar, une Star-Up camerounaise, fabrique aussi des détergents et de l’eau de javel.

Ce matin du 10 octobre 2017, Martial Oden Bella déguste avec appétit quelques mandarines. Il dégage une assurance tranquille et s’apprête à prendre la parole devant des jeunes à l’occasion de la première édition des journées nationales sur la vulgarisation et les innovations agricoles au Cameroun. Devant l’assemblée, il doit raconter son expérience dans l’innovation. Chimiste industriel de formation, Oden Bella fait partie de cette nouvelle génération qui allie recherche et entrepreneuriat avec audace.

Depuis 2014, il occupe le devant de la scène pour avoir mis au point ce qu’il appelle l’« hydrodistillateur », une machine permettant d’extraire des huiles essentielles à partir des peaux d’orange. « Le financement d’un partenaire marocain m’a permis de développer le prototype de la machine et de procéder aux premiers tests de fonctionnement. Mais tout n’est pas encore au point. Nous travaillons à l’améliorer afin de développer une offre commerciale de qualité », explique l’ingénieux chercheur.

 Si les médias se l’arrachent aujourd’hui, il faut souligner que Martial Oben Bella est depuis 15 ans dans le monde l’entrepreneuriat vert. C’est en 2002 que son groupe Bellomar a vu le jour à Douala au Cameroun. D’abord sous la forme d’un Gic regroupant des étudiants fourmillants d’idées et pas du tout apeurés par la dure réalité de l’auto-emploi. Très vite, ils s’attaquent au marché des détergents en proposant des savons, de l’eau de javel, de l’huile essentielle à base des épluchures d’oranges que des hôtels et autre entreprises s’arrachent. Martial Oden Bella produit aussi une documentation qu’il met à la portée du public malgré la rude concurrence.

Fouiller, bêcher

Très porté sur les études, Martial Oben Bella semble appliquer le conseil du laboureur à ses enfants. Il ne se lasse pas de fouiller ni de bêcher. Un vrai rat de laboratoire et de bibliothèque où il passe des heures à mettre au point diverses formules. « Étant passionné de l'innovation, j'explore tous les jours des technologies appropriées, j'en développe et procède à la vulgarisation de mes innovations tant dans mon pays qu'ailleurs », dit ce passionné.

Consulter son CV sur Linkedin prend du temps. Plus de trois pages. Il est aussi enseignant, ingénieur, diplômé d’universités camerounaises et françaises (Toulouse). Pas étonnant que ses pairs d’Afrique, d’Europe et des entreprises européennes le cherchent pour des collaborations toujours fructueuses en savonnerie, développement durable.

 Elsa Kane Njiale à Yaoundé

Agriconseil du mois

Garfa Fatimé Aldjineh, la 2ème femme architecte de l'histoire du Tchad qui élève des poules pondeuses: «Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander des conseils pour mieux avancer».

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