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« La maison des artisans », la vitrine des agripreneurs camerounais

Mise sur pied par une association locale, elle a pour but dencourager les camerounais à consommer du bio transformé surplace et à réduire le chômage.

Il est précisément 10 h 30 minutes, ce lundi 02 septembre 2019 au mini-supermarché ANPIAT, dont l’intitulé « La maison des paysans » est visible à l’entrée, située au quartier Deido à Douala, dans la capitale économique du Cameroun. Awal Mama, le promoteur, présente fièrement aux visiteurs, potentiels acheteurs, les produits disposés sur les étals. L’ambiance est bon enfant.

« Ici nous avons plusieurs filières: celle de la culture de l’aloe Véra, du karité, du cacao, du nem. L’huile de palmiste, mais, riz, igname, patate. Bref, nous vendons les produits agroalimentaires, cosmétiques, de santé et les objets éducatifs faits à base de bois », présente-t-il.

Produits « Purement naturels »

Le concept de cet espace où des produits sont achalandés sur des étagères est simple: vendre essentiellement des produits des agripreneurs et agripreneuses camerounais et « purement naturels », issus de l’agriculture. «Nous nous ravitaillons auprès des cultivateurs qui sont situés dans les campagnes. En outre, je sors de la matière première dans l’une de mes grandes plantations », précise le promoteur.

Awal s’est lancé dans cette activité après avoir constaté que les camerounais consommaient « beaucoup de produits chimiques, nocifs » pour leur santé. « Plus on mange des aliments sains, plus on prolonge sa durée de vie , croit ce passionné d’agriculture. Or en consommant des produits locaux, naturels, ils soccupent en même temps de leur santé ».

Il y a bientôt deux mois, le mini-supermarché a vu le jour et depuis, il ne désemplit pas. «Il ya déjà beaucoup de visiteurs. Ils sont satisfaits. Je le sais, grâce au registre dans lequel chaque client donne ses impressions de façon discrète », précise t-il. En moins de 80 jours, les ventes journalières sont passées 20 000 à presque 100 000 F. Cfa.

Consommation locale

Au Cameroun, l’agriculture occupe plus de la moitié de la population. Alors le promoteur dans son optique d’encourager la consommation locale des produits locaux, compte ouvrir des boutiques dans toutes les communes du Cameroun. 

« A Douala, il ya un point de vente a Bonanjo et au parcours vita. A Yaoundé, c’est au niveau du centre international de l’artisanat », énumère-t-il. Bien plus, Awal Mama veut   réduire le chômage. «J’ai à ma charge quatre jeunes que j’ai embauchés à Deido ».

Dans le but d’éviter les ruptures de stock et de matières premières, il a mis sur pied l’Association des producteurs inventeurs artisans et transformateurs des produits locaux du Cameroun(ANPIAT). « Nous détectons et faisons ressortir tous les inventeurs clandestins de l’informel et les emmenons a croire à leurs potentialité et les faisons assister aux foires », raconte-il.

La jeunesse, fer de lance de la nation, n’est pas en reste. «  Nous voulons encourager les jeunes à s’intéresser dès la base à la transformation et à l’emploi indépendant en collaborant avec les proviseurs des lycées techniques », poursuit-il.

600 000 F. Cfa de dépenses

Toujours dans le registre des actions, Awal veut aider à exporter les produits locaux partout à long terme. Cependant ce n’est pas un long fleuve tranquille, car l’initiative tarde à attirer les autorités.

« Nous ne sommes pas accompagnés par les pouvoirs publics. Notamment le ministère des petites et moyennes entreprises(PME). Il ny a que le ministère du commerce qui nous accompagne dans le cadre de la visibilité de nos produits. Lors des salons, foires, il nous aide à acquérir des stands a vil prix », précise-t-il.

« Chaque mois j’ai près de 600.000 Francs Cfa de dépenses que j’effectue pour supporter les charges. Notamment le loyer et le personnel  », ajoute-t-il. Pour l’instant Awal, compte redoubler d’ardeur afin de multiplier la clientèle et faire connaître son mini-supermarché « 100% made in Cameroon ». « Nous croyons que lorsque les camerounais vont s’adapter à ces produits, nous allons faire de bons chiffres », espère-t-il.

Amélie Dita