Agromarket, le premier marché virtuel africain des acheteurs et des acteurs du monde agropastoral

Il a été créé par un groupe de jeunes étudiants d’une école supérieur polytechnique.

De plus en de jeunes africains veulent développer leur continent. Une poignée d’entre eux choisissent l’agriculture. C’est le cas des jeunes étudiants de l’école supérieur polytechnique de Dakar au Sénégal. Ils ont compris très tôt qu’internet était l’une des principales voies du développement du secteur agricole : agriculteurs, éleveurs, pêcheurs...

Ces 19 compères ont mis sur pied Agromarket, un marché virtuel où agriculteurs et acheteurs se rencontrent. Cette année, ils étaient l’un des 5 lauréats des Africa Startup Tour tenues à Abidjan. Ils ont été sélectionnés parmi 350 projets de toute l’Afrique.

Entretien avec Papa Mor Niane, co-fondateur…

C’est quoi Agromarket ?

Agromarket est une plateforme web et mobile qui met en relation les différents acteurs du secteur primaire (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs…) et les acheteurs (Restaurants, Hôtels, Supermarchés, Grossistes et détaillants) dans un marché numérique agropastoral. C’est le premier marché numérique africain spécialement conçu pour faciliter leurs échanges. Ce marché virtuel servira à promouvoir la production locale sur le plan international. L’objectif est de faciliter les producteurs locaux dans l’écoulement de leur production par la valorisation et l’augmentation de la visibilité de leurs produits mais aussi l’élargissement de leurs canaux de distribution en leur assurant une ouverture et un accès direct sur le marché international : un large choix de producteurs et de consommateurs réunis sur un même marché.

Agromarket est une plateforme web et mobile accessible, rapide, efficace et facile à utiliser. Nous nous assurons que les produits mis en ventent sur la plateforme sont de qualité et aptes à la consommation. Les services de livraison locaux (Partenaires) assureront une livraison fiable et rapide des produits achetés sur la plateforme.

Pourquoi avez-vous décidé de créer ce marché virtuel ?

L’idée de la création de cette plateforme nous est venue lorsqu’un de nos professeurs nous a annoncé un concours organisé par ERICSON AFRICA sur le thème de l’autosuffisance alimentaire. Nous avons voulu y participer et nous avons trouvé une belle idée : créer un marché numérique ou se rencontreraient uniquement l’offre et la demande de produits agropastoraux pour booster les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage en Afrique. Et ainsi aider nos parents agriculteurs, pêcheurs et éleveurs à mieux écouler leurs produits mais aussi promouvoir nos produits locaux à l’échelle internationale. 

Vous mettez en relation les acteurs du monde agropastoral et les acheteurs. Sont-ils intéressés ?

De nos jours, nul ne peut contester la mainmise d’internet dans la plupart des actes que nous exécutons. Internet est devenu un moyen de faciliter ses transactions tout en gagnant du temps ou encore de communiquer. Fort de cela, nous avons jugé pertinent d’utiliser internet pour contribuer à la croissance de l’économie de notre pays à travers ses principaux secteurs primaires que sont l’agriculture, la pêche et l’élevage. Cela en mettant en relation les agriculteurs, pêcheurs, éleveurs et leurs clients mais aussi en facilitant leurs transactions tout en leur assurant un gain de temps.

Notre plateforme de mise en relation, Agromarket, se dresse comme un moyen efficace de permettre aux agriculteurs, pêcheurs et éleveurs, qui voyaient non seulement leurs produits se détériorer du fait du transport mais aussi éprouvaient des difficultés à trouver des acheteurs, d’écouler leurs produits sans se déplacer et cela pour un cout beaucoup plus faible. Agromarket permettra aussi aux consommateurs (entreprises et particuliers) de s’approvisionner sans pour autant se déplacer. Nous proposons des services de livraison en collaboration avec nos partenaires.

Jusqu’ici, combien ont été connectés ?

Nous sommes toujours en phase test et la plateforme sera bientôt lancée. Nous effectuons des campagnes de sensibilisation auprès des concernés, une fois cette campagne terminé Agromarket sera lancé dans le marché africain et mondial.

Quel avantage Agromarket leur apportera-t-il ?

Agromarket met en rapport les offreurs et les demandeurs de produits agropastoraux. Nous avertissons le vendeur dès qu’un acheteur s’intéresse aux produits qu’il a mis en vente sur la plateforme. De ce fait nous sommes l’intermédiaire qui permettrons de conclure la vente ou l’achat. Après, les services de livraison avec lesquels nous travaillons assureront l’acheminement des produits à bon port. Dans le confort de leurs maisons, bureaux…. L’acheteur et le vendeur auront réglés une transaction de manière rapide et efficace sans perte de temps ou entrave à leurs occupations respectives…

De quels moyens disposez-vous ?

Notre capital est principalement basé sur de la love money que nous avons pu rassembler grâce à nos proches. Mais nous comptons effectuer des levées de fonds grâce au concours et autres.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites-face ?

Juste des problèmes de financements.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

A l’avenir nous comptons faire évoluer le marché à l’échelle internationale pour que n’importe quel agriculteur du monde puisse vendre à n’importe quel acheteur dans le monde. Ainsi devenir l’UBER ou l’AIRBNB des places de marché.

Propos recueillis par Théophile Minlo

Agriconseil du mois

Garfa Fatimé Aldjineh, la 2ème femme architecte de l'histoire du Tchad qui élève des poules pondeuses: «Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander des conseils pour mieux avancer».

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