Cameroun: de la blouse blanche à la houe  

Agée de 26 ans, Ernestine Ngaffo, infirmière de formation, a abandonné cette profession par amour pour l’agriculture.

Elle vit de sa petite exploitation familiale dans laquelle elle produit le soja, le macabo, le maïsElle est infirmière de formation avec quelques années d’expérience. Cette période de la  vie d’Ernestine Ngaffo fait désormais partie  du passé. Avec une expérience agricole acquise auprès de ses parents, cette jeune mère de deux enfants a décidé, il y a trois ans de se lancer dans l’agriculture. «J’ai travaillé comme infirmière  dans plusieurs centres de santé. Mon plus grand salaire était de 30 000 F Cfa. Il n’était même pas régulier», explique cette jeune agricultrice. Lasse de cette vie professionnelle «sans avenir»,  Ernestine a quitté les couloirs des hôpitaux  pour le champ.

Dans sa petite ferme, cette agriculture  cultive principalement  le maïs, le macabo et  le soja. «Avec  mon champ, je fais 200% de bénéfice. J’ai grandi dans l’agriculture et j’ai cet amour pour l’agriculture. Aujourd’hui je gagne davantage en travaillant dans ce secteur. Je suis mon  patron et ma main d’œuvre », soutient-t-elle. En plus de son amour pour ce métier, le secret de réussite d’Ernestine résulte aussi des connaissances acquises dès le bas âge sur les différents produits qu’elle exploite. En une récolte, cette agricultrice obtient en moyenne huit bassines de soja, 7 sacs de macabo et de maïs. 

100 000 F. Cfa par récolte

«Je vends mon maïs à l’état frais et je gagne minimum 100 000 F Cfa par récolte. Je conserve la grande partie du  soja et macabo pour la famille. Le soja est très important pour les enfants, donc je préfère le réserver à ma petite  famille », confie cette mère. Son principal objectif n’est pas de réaliser de grands bénéfices, mais de pouvoir couvrir essentiellement les besoins de sa  famille.

Avec l’expérience acquise dans sa petite exploitation ou au cours des ateliers de formation sur l’agriculture, Ernestine, sans pour autant abandonné son premier projet, s’est associée avec d’autres jeunes pour créer le Gic de Jeune pour l’agriculture et l’élevage durable au Cameroun (Jpadec). Le but de cette initiative qui a vu le jour en  2014 est  de mettre sur pied une synergie dans laquelle chaque membre du groupe, en fonction de son domaine de compétence dans le milieu agropastoral, met  sa  connaissance à contribution  pour la réalisation d’une grande plantation agricole de diverses variétés de produit et  à but lucratif.

Dans cette logique, ils ont obtenu du chef du village Mgombe, dans l’arrondissement de Douala 5ème, capitale économique du Cameroun, un terrain d’une superficie de 60 hectares pour implémenter leur projet. «Pour l’instant, nous exploitons un seul hectare, en attendant d’avoir les fonds nécessaires  pour  exploiter  la totalité du terrain. Nous avons commencé avec la banane plantain, le maïs et le pistache (graines de courge) », explique cette ancienne infirmière.

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.