Un pari pour les jus de fruits naturels  

Avec un master en gestion des ressources humaines, Juliette Nodjialgoto, 40 ans, produit et commercialise des jus et sirops d’oseille, de gingembre, de légumes.

Dès son jeune âge, durant les vacances, la petite Juliette Nodjialgoto vend au détail du sucre, thé et autres produits, au marché dans la journée. Le soir, elle vend arachides, maïs, frais ou cuits et des petits pois au bord de la route. Avec l’argent obtenu, elle achète ses fournitures scolaires. Une fois mariée et malgré son master professionnel en gestion des ressources humaines, la jeune femme veut entreprendre.

Avec un capital de départ de 30 000 F. Cfa, elle se lance en octobre 2000, dans la fabrication des jus de fruits naturels. Juliette Nodjialgoto commence avec l’oseille rouge et le gingembre. A N’Djamena, dans la capitale tchadienne, cette femme âgée de 40 ans, vend le sachet à 50 F. Cfa. En quelques années, son chiffre d’affaires double presque. Mais, chute aussi à cause de la crise économique que traverse le Tchad. Juliette ne désarme pas. Agée de 40 ans aujourd’hui, elle emploie trois personnes qu'elle paie tous les mois.   

De 50 à 200 F. Cfa la bouteille

Le temps des sachets de jus naturel à 50 F. Cfa est révolu. Cette mère de deux enfants, vend le jus d’oseille à 200 F. Cfa la bouteille de 0.5l et 750 F celle de 1,5l. Le jus et sirop de gingembre coûtent respectivement 1 000 et 1 500 F. A côté de ces jus 100% naturels et bien concentrés, Juliette fabrique et vend également le lait de baobab, du yaourt « naturel » plus connu sous le nom « degué », avec le lait de vache qu’elle traite.        

La qualité de ses jus attire des clients venus des quatre coins de la capitale : élèves, étudiants, particuliers. Il y a aussi les restaurateurs qui se ravitaillent en grande quantité et vont revendre dans leurs restaurants. Pour les satisfaire, elle s’approvisionne en matières premières au marché central de N’Djamena, mais quelques fois, sur les marchés des provinces où les fruits et légumes sont frais.  

Grâce à cette activité, Juliette supporte une partie des charges familiales, fait des tontines, aide ses parents et satisfait aussi ses besoins personnels sans compter sur son mari. Sa plus grande réalisation ? « J’ai pu acheter, avec les bénéfices engrangés, un terrain que j’ai construit et mis en location. Ce qui me permet d’avoir de l’argent à chaque fin de mois », sourit-elle.

Pour parvenir à cet exploit, Juliette Nodjialgoto assure que son seul secret est persévérance, travail et bonne éducation : « tout est une question d’organisation et de détermination. Il faut se battre dans la vie et ignorer ce qui pourrait être perçu comme activité de basse classe. Une femme doit aider son mari et non miser à 100% sur lui. Le secret, c’est aimer ce qu’on fait et se réveiller très tôt le matin. Ne dit-on pas que celui qui se lève tôt verra le margouillat se brosser la dent ? ». Un conseil qu’elle envoie à l’endroit de ses jeunes sœurs qui veulent se lancer dans l’agriculture.

Archange Marabeye à  N’Djamena

Fiche technique

Produire votre jus de gingembre ou oseille de manière artisanale pour la famille ou la vente :

  • Avant de débuter, couvrir vos cheveux, lavez vous les mains
  • Nettoyer et laver avec de l’eau potable, l’oseille/gingembre
  • Les découper en fines tranches
  • Faire bouillir l’oseille/ gingembre dans une marmite avec de l’eau potable (pas une grande quantité, selon votre goût), de manière à obtenir le jus bien conçu.
  • Laisser refroidir
  • Tamiser pour enlever tous les débris
  • Ajouter au choix sucre/ Fruits. Privilégiez les fruits
  • Mettre dans des bouteilles et les placer dans le réfrigérateur

A.M.

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.