« Grâce à l’agriculture, j’ai construit ma maison »

A 33 ans, cette agricultrice de l’Est du Cameroun, pratique la culture du manioc, du macabo et d’arachides depuis plus de 10 ans. Elle gagne en moyenne 500 000 F. Cfa par an.

Elle n’a jamais rêvé d’abandonner son village comme ses amis qui quittaient par vague leur bourg pour aller à Douala et Yaoundé, les deux grandes cités camerounaises. Après son Certificat d’études primaires (CEP), Carine Huguette Poupoum a choisi l’agriculture, comme ses parents qu’elle accompagnait après l’école ou durant les congés de pâques, Noël et grandes vacances. « Je cultive depuis 2007 », lâche-t-elle fièrement, corbeille au dos en filant vers ses champs. Il est 7 h passées de quelques minutes et le ciel est encore brumeux. Mais, la jeune femme de 33 ans court déjà vers son nouveau espace de près d’un hectare où elle compte cultiver manioc et arachides.

A Djouyaya, à l’est du Cameroun, cette mère de trois enfants détient deux plantations : 1,5 et un hectare. Elle loue une partie et en possède l’autre. Elle cultive manioc, macabo et arachides. « Lors de la dernière récolte, j’ai vendu le manioc pour 55 000 et le macabo pour 150 000 F. Cfa », explique-t-elle. Carine tient à préciser qu’elle consomme une partie de ses récoltes et en transforme une autre. « Sur toute l’année, je n’achète ni manioc, ni arachides, ni macabo. Je cultive aussi le plantain que je consomme. Je transforme le manioc et le coucous et je vends », poursuit-elle, en riant.

Cultiver sans engrais et épargner 500 000 F. Cfa par an

Par récolte, Carine épargne en moyenne 500 000 F. Cfa. Le montant est bien noté dans son cahier de note. Cet argent accumulé au fil des années lui a permis d’acheter un terrain et d’y construire une maison, avec des tôles neuves, contrairement aux autres maisons et d’envoyer ses enfants à l’école. « Grâce à l’agriculture, j’ai construit ma maison. Je n’utilise même pas d’engrais chimique », dit Carine, tout en précisant qu’elle est aidée et encouragée par son époux.

D’ailleurs, il y a quelques mois, elle a décidé de suivre son mari enseignant, nommé principal dans un autre collège. Ici, elle a déjà près d’un hectare qu’elle a défriché, aidée de quelques villageois payés à 8 000 F. Cfa. Elle compte y semer manioc, macabo et tomates. « Dans quelques mois, je serai ici une autre grande agricultrice », assure la jeune femme qui vient en aide financièrement à sa famille.    

Rubens, à Bertoua

Fiche conseils

Suivez Carine Poupoum pour réussir votre culture de manioc et macabo :

  • Je n’utilise pas d’engrais chimique car, les terres de l’est sont fertiles
  • De temps en temps, j’utilise le fumier
  • Il faut désherber son champ de manioc/macabo
  • L’important est l’entretien de son champ, insiste Carine
  • S’agissant des semences, assurez-vous que vous avez de bonnes.
  • Si vous constatez un problème avec vos plantes, n’essayez pas de le résoudre seul. Renseignez-vous auprès d’autres agriculteurs. S’ils n’ont pas une solution réelle, allez chez votre agent vulgarisateur ou la délégation départementale de l’agriculture
  • N’ayez pas honte de demander conseil
  • N’hésitez pas à associer du plantain à vos champs de macabo et manioc. C’est ce que je fais

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.