Des jeunes se lancent dans l’agriculture urbaine pour lutter contre le chômage

Pour subvenir à leur besoin, ils cultivent en pleine ville, salade, persil, poivron, oignon vert, laitue….

C’est une activité pratiquée le long du fleuve Logone-Chari et au centre-ville. De Farcha dans le 1er arrondissement à Gassi dans le 9eme en passant par Sabangali, 3e arrondissement, en plein cœur de N’Djamena, la capitale tchadienne. Les sites de cette agriculture sont visibles et nombreux. Les auteurs ? Ils sont jeunes et munis de licence en divers domaines de l’enseignement supérieur. Mais, ils ont choisi la terre pour joindre les deux bouts et barrer la route au chômage.

Ces jeunes maraîchers sont âgés entre 20 et 35 ans pour la majorité. Certains sont mariés et d’autres non. Tous essayent de survivre grâce à l’agriculture urbaine. « J’ai débuté il y a 4 ans grâce à un ami. Il cultivait un grand espace seul et je suis venu l’aider. Il a trouvé un boulot et tout laisser tomber. J’ai récupéré. Maintenant je laboure cet espace. Comme vous voyez, je cultive la salade depuis toujours», explique Rodrigue Dingamrôh.

Investir entre 30 000 et 40 000 F. Cfa

Si Rodrigue a intégré le milieu grâce à l’aide d’un ami, certains agriculteurs urbains comme Mahamat Ousman, habitant de Milezi dans le 1er arrondissement, perpétuent l’héritage familial. Pendant les vacances scolaires, le jeune homme et ses frères aînés aidaient leur père dans son champ de légumes. Après sa licence en géographie, il n’a pas trouvé de boulot. Mahamat est retourné à la terre, en pleine ville. « Je m’y suis mis à fond, en attendant l’intégration ou autre débouché. On laboure sur notre propre espace », soupire-t-il.

Certains louent des terres, d’autres cultivent sur des espaces privées et parfois, réserves de l’Etat. Les cultures les plus prisées sont la salade, les condiments (persil, piment, céleri, poivron, l’oignon vert, laitue, poireau, etc.). L’investissement sur l’espace exploité, est fonction de sa grandeur. La superficie de culture va de 300m2 à 800m2 pour ces jeunes horticulteurs. Pour arriver à la récolte, au moins 30.000f CFA est injecté pour les petits agriculteurs urbains et plus de 40.000f CFA pour les plus grands. Des dépenses qui entrent dans l’entretien de l’espace, l’achat des semences, la nourriture de maintenance pour le travail avant la récolte.

100 000 F. Cfa par récolte

A la récolte, certains gagnent plus de 100.000f CFA. Une somme qui leur permet de subvenir aux besoins personnels et familiaux et relancer une autre chaine de production. Les produits sont essentiellement vendus aux femmes commerçantes de légumes. « Elles sont nos principales clientes. On s’entend. Elles peuvent acheter à crédit et nous ramener l’argent après. On leur vend en gros dans les sacs, entre 15 000 et 20 000 F. Cfa », détaille Rodrigue Dingamrôh.

Cependant, ces maraîchers rencontrent de nombreuses difficultés. Des propriétaires de terrains les menacent régulièrement de reprendre leurs espaces. Le manque d’eau pour arroser les plantes leur fait aussi défaut. A côté, ils sont aussi confrontés aux  agents municipaux qui leur imposent des taxes de tout genre et des chèvres qui broutent et ravageant leurs légumes. Ces derniers mois, l’offre s’amenuise par rapport à la demande, ce qui entraine un manque de clientèle, mettant en difficulté la production.

Mais, ces jeunes Horticulteurs ne baissent pas les bras. Pour améliorer leur rendement, ils comptent créer une association pour défendre leur droit et surtout, valoriser la culture en milieu urbain. Pour le moment, ils évoluent en rang dispersé et en toute autonomie, sans l’aide des autorités.

Marabeye Archange, à N’Djamena

 

Fiche technique pour cultiver l’oignon en pleine ville

Pour cultiver l’oignon vert, il faut choisir la semence. Elle peut être en graine ou en pied non vendu, repiquée après 3 jours, alors que le pied jaunit. Si les conditions sont respectées, la récolte se fait au bout de 30 jours.

Cette fiche est détaillée par Daniel Tissoumkréo, diplômé en prévention d’incendie, agriculteur urbain depuis 8 ans. Il cultive l’oignon vert en pleine ville:   

  • Becher la terre, sur une planche de 3,6m2 soit 3m de long et 1.2m de large.
  • Arroser la terre un peu mélangée au fumier au préalable.
  • Repiquer alors les pieds d’oignon vert non vendus ou provenant de la pépinière
  • En période de chaleur, utiliser l’engrais Urée, en saison de pluie ou de fraicheur, c’est l’engrais MPK qui est conseillé. Le fumier naturel, qui est la bouse de bovins ou des chèvres est fortement conseillé.
  • Arroser trois fois par jour en saison de chaleur et deux fois en d’autres saisons
  • Biner (sarcler) tous les trois jours.
  • Et suivre ainsi jusqu’à la récolte.

M.A

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.