« On ne peut pas développer un pays avec le pétrole car il tarit, pas la terre»

Au Cameroun, l’Union Farms of Africa est une référence agricole avec ses écoles et surtout, ses célèbres champs d’expérimentation où les jeunes venus des quatre coins du pays apprennent et pratiquent.

Durant une semaine, Prince Justin Atinga Tanyi, son président, a partagé son expérience et ses expertises avec des jeunes agripreneurs tchadiens. Rencontre avec un agri-militant qui est convaincu que le Tchad est « un désert fertile »…

Que faire pour aider les jeunes à s’impliquer dans l’agriculture au Tchad?

Vous savez, le Tchad est au-delà de ce qu’on pense de lui. On entend dire que le Tchad est un désert. Laissez-moi vous dire que le Tchad a un sol riche, très exploitable en agriculture. C’est ce que j’appelle un désert fertile. Alors à notre niveau, on va appuyer les techniciens locaux à accompagner les jeunes. On envisage, ensemble avec les jeunes agriculteurs tchadiens, d’avoir un centre de formation avec un champ pour les pratiques. Il y a le suivi que nous ferons ensemble et la partage entre nous pour booster les cultures et les productions.

Quelles culture ou semences peuvent être appliquées pour développer l’agribusiness ?

Quand on dit agribusiness, on pense à l’agriculture faite pour le business. C’est-à-dire, produire puis transformer pour des rentabilités économiques. Alors pour cela, nous allons développer des semences hybrides. Ce qui va conduire aux résultats escomptés et éviter les dépenses supplémentaires pour rien. Par exemple, la semence traditionnelle de maïs peut donner 1,5 tonne par hectare alors qu’avec la semence hybride, on peut aller à plus de 8 tonnes l’hectare. Avec les études de sol qu’on a fait, le sol tchadien peut produire plusieurs semences. Le choix revient au jeune agriculteur sur sa semence (la culture qu’il veut faire).

Comment pouvez-vous décrire le secteur agricole ? 

Il est possible de créer des grandes plantations et champs qui peuvent considérablement contribuer à appuyer l’objectif de l’autosuffisance alimentaire et à la lutte contre le chômage. Je le dis parce que les petits agriculteurs travaillent sans technologie et sans engrais mais le résultat est bon. Alors, si on associe la technologie et les expériences, je crois que le Tchad sera un grenier africain. Il est possible d’y faire de grands projets. Je suis optimiste pour ces jeunes dans leur activité agricole, vue la détermination et le courage qui les animent. Les objectifs seront atteints, surement.

Quels conseils donnez vous donc à ces jeunes tchadiens et africains et africains passionnés d’agriculture?

Il faut s’investir dans l’agriculture. Elle est le seul moyen sûr pour développer notre pays et continent. Car avec l’agriculture, avec un peu de moyen, on peut se lancer et gagner gros, très vite. Ce qui permet de créer des emplois pour les autres. On ne peut pas développer le pays avec le pétrole, car il tarit mais pas la terre. Il y a également lieu de changer de mentalité. Donc mon appel est que les jeunes tchadiens et africains s’investissent dans l’agriculture.

Propos recueillis par Marabeye Archange à N'Djaména

 

 

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.