Hervé Bondonga, le « patron » du maraichage

Propriétaire de cinq hectares de terre, il cultive piments, poivrons, aubergines, gombos, concombres…

Il possède des champs d'environ 5 hectares dans les environs de Kinshasa. Depuis 2015, Hervé Bondonga,  jeune ingénieur agronome de 29 ans, cultive piments, poivrons, aubergines, gombos, concombres, choux et autres. Il travaille seul mais fait appel aux ouvriers temporaires en cas de besoin. Sa plantation située dans les périphéries de la capitale congolaise est inondée par des femmes vendeuses à chaque récolte.

Pour y arriver, Hervé a traversé des moments difficiles. Après avoir obtenu son diplôme universitaire en agronomie, il a cherché du boulot en vain. Il s'est ainsi associé à des amis pour lancer une activité agricole. Là aussi, les querelles entre membres du groupe ont mis fin à l’entente. « Il y'avait certains qui ne voulaient pas que d'autres aient droit au gain les accusant de ne pas travailler. Des conflits ont fini par diviser le groupe et c'était la fin ».

Un nouveau départ

Il ne se décourage pas.  En 2015, il reçoit une somme de 2500 dollars (environ 1 400 000 F. Cfa) d'un membre de sa famille en Europe. Hervé Bondonga  décide de se relancer mais cette fois sans associés. Il en fait sa principale activité. Il achète un hectare de terres. Cela marche plutôt bien. « Je gagnais plusieurs milliers des Frans congolais. Quand ça marchait bien j'arrivais jusqu'à 800 000 francs congolais par vente. Pour des mauvaises récoltes, je nageais dans les 350 milles francs. C'était vraiment un succès », se souvient-il.

D’un  à cinq hectares en deux an

Le rêve de ce jeune qui cultivait déjà des légumes dans la parcelle familiale dès l'enfance,  atteint sa phase de réalisation. Avec les bénéfices mis de côté après chaque vente, il décide d'étendre son espace. Il achète quatre autres hectares de terres. Son succès lui vaut l'appellation de « Mopao » qui signifie patron en lingala, principale langue locale.

Pour vendre, Hervé peut compter sur des vendeuses qui viennent se ravitailler sur place au champ. Elles achètent et repartent revendre en ville. Astucieux, le jeune ingénieur utilise également les réseaux sociaux tels Facebook et Twitter comme vitrine où il expose toutes ses récoltes. Des livraisons sur commande suivent. « Actuellement si la récolte a été meilleure on va jusqu'à environs 1 200 dollars américains, malgré la fluctuation du dollar », explique-t-il.

Mais, la dépréciation du dollar face au franc congolais, monnaie locale, pénalise ses activités.  « La fluctuation a causé la hausse du prix des intrants tandis que le prix des légumes et la plupart des produits agricoles n'a pas bougé », se désole-t-il. Même si, l'agriculture est pour Hervé Bondonga une activité qui paye mais nécessite la patience, il s’exaspère des difficultés d'ordre financier et infrastructurel. En effet, étant donné que son champ est situé dans un milieu enclavé, il est obligé de dépenser beaucoup d'argent pour amener les produits en lieu de livraison. Un handicap qui ne freine pas ses rêves. Le jeune homme compte se lancer dans la pisciculture. Il a déjà le terrain nécessaire.

Sammy Mupfuni à Kinshasa

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.