Election présidentielle au Cameroun: les projets agricoles des candidats (2)

Joshua Osih, Serge Espoir Matomba, présentent leur programme pour faire de ce secteur un maillon fort de l économie.

Joshua Osih : La mise en place du statut de l’agriculteur

« J’augmenterai significativement les ressources accordées au secteur de l’agriculture pour atteindre 10% du budget national conformément à nos engagements contenus dans l’accord de Maputo de 2003. Je moderniserai l’agriculture pour augmenter les rendements, la rendre moins pénible qu’aujourd’hui et augmenter le revenu des paysans ».  Telle est la promesse Joshua Osih, en course pour la présidentielle pour le Social démocratic Front (Sdf), le plus vieux parti de l’opposition camerounaise. Selon Joshua Osih, le Cameroun ne peut devenir une puissance verte sans l’existence d’un cadre juridique bien défini. L’une de ses premières mesures en tant que chef d’Etat sera « la mise en place d’une loi d’orientation agricole, la réalisation d’une réforme foncière et la simplification des procédures d’attribution du titre foncier afin de permettre à ceux qui travaillent la terre d’accéder à des titres de propriété pouvant leur servir d’actifs sociaux pour rechercher des financements auprès des banques », assure le leader du parti aux couleurs vertes.

Il annonce la transformation du milieu rural en cadre attrayant pour les jeunes grâce à : « La sédentarisation des jeunes en milieu rural par l’amélioration de l’offre des services sociaux de base (santé, poste, eau, electricité, etc, la création de 5000 agribusiness jeunes par an sur l’ensemble du territoire dès la 3ème année ». Dans cette optique, l’éducation sera reformée « pour y intégrer l’élevage et l’agriculture dans toutes les écoles, y compris en milieu urbain, avec un programme national fermes d’écoles. L’instauration d’un projet agricole scolaire obligatoire pour tous les établissements primaires et secondaires. Le développement des Centres de formation agricole et des lycées agro-sylvo-pastoraux dans chaque département du Cameroun.

Quant au bien-être des seigneurs de la terre, il passe par : « La création d’un statut de l’agriculteur et de l’éleveur et le développement du revenu salarial des agriculteurs et des éleveurs. La subvention du développement ou de la transformation des exploitations agricoles familiales en exploitations agricoles structurées, innovantes, écologiques et performantes. La promotion des instruments de protection contre les risques agricoles (grippe aviaire, etc…) à travers la banque agricole ».

Serge Espoir Matomba : lutter contre les pertes posts récoltes

Le programme pour la relance de l’agriculture, la pêche, l’élevage proposé par Serge Espoir Matomba, candidat à la présidentielle sous les couleurs du Purs n’est pas très détaillé. Il est même évasif lorsque l’auteur parle par exemple de « diversification des cultures ». Le jeune candidat reconnaît pourtant la place de l’agriculture dans le développement économique et social du Cameroun. L’agriculture, la pêche et l’élevage occupent 70% de la population active et contribuent à la hauteur de 30% au produit intérieur brut. L’un des enjeux du secteur repose sur la modernisation et le renouvellement d’une main d’œuvre vieillissante. Serges Espoir Matomba a une vision qui repose sur l’exploitation des terres encore vierges, la subvention des projets agricoles innovants, la construction d’infrastructures routières de qualité pour lutter contre les pertes post-récoltes. Concernant la jeunesse, Mr Matomba, annonce le financement des projets des jeunes qui se lancent dans l’agriculture. Ce serait selon lui le meilleur moyen de les inciter) s’investir dans ce secteur.

 Cabral Libii Li Ngue : des titres fonciers gratuits

Né en 1980, Cabral Libii est avec Serge Espoir Matomba, le plus jeune candidat à l’élection présidentielle du 7 octobre. Il a été choisi par le parti Union nationale pour l’intégration vers la solidarité (Univers) de l’universitaire et homme politique Prosper Nkou Mvondo. Il dit avoir construit son programme politique sur deux piliers : l’agro-industrie et la construction. Il promet au cas il est porté à la magistrature suprême de construire des agro-industries sur le modèle des sociétés hévécam à Niété dans la région du Sud et la Sosucam à Mbandjock dans la région du Centre. L’ancien journaliste annonce qu’il réservera 500 milliard de F Cfa au développement de l’agro-industrie et du monde rural. Il n a cependant pas souligner d’où viendront les fonds. Toutefois il compte consacre 18% du budget de son gouvernement à l’agriculture.  200 0000 d’ha de terrain seront consacrés à l’agriculture en raison de 20000 ha par région et par an.  Pour encourager et faciliter l’entrepreneuriat agricole, il permettra l’octroi des titres fonciers gratuits et des prêts à taux zéro aux jeunes et aux agriculteurs.

Elsa Kane Njiale

Agriconseil du mois

Garfa Fatimé Aldjineh, la 2ème femme architecte de l'histoire du Tchad qui élève des poules pondeuses: «Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander des conseils pour mieux avancer».

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