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L’Institut agricole d’Obala, l’«Ecole-ferme-entreprise» des agripreneurs camerounais

Un jeune agripreneur. Un jeune agripreneur. Crédits: DR

Son modèle d’organisation séduit de nombreux jeunes apprenants du Cameroun.

Louis Ndzié avait seulement 25 ans lorsqu’il a eu l’idée de créer l’Institut agricole d’Obala (IAO). Le projet a été le thème de son mémoire alors qu’il était étudiant à l’Ecole d’agriculture St Joseph de Breuil sur Couze en France entre 1991 et 1993. Son rêve d’enfance s’est donc réalisé. Mieux il n’a pas seulement changé sa vie et celle de son épouse française, Ludivine Le Bras Ndzié, diplômée en biologie cellulaire et génétique qui travaille aussi à l’IAO. Mais celle de nombreux jeunes agriculteurs. Particulièrement ceux de la zone rurale.

Samedi 2 mars 2019, l’IAO a servi de cadre à la visite d’étude effectuée par les agri-entrepreneurs invités au 1er Sommet international de l’entrepreneuriat agro-pastoral des jeunes. Venus du Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Tchad, du Brésil, de la Gambie, de la Mauritanie, de Madagascar, les jeunes africains se sont imprégnés de ce projet vanté comme innovant au Cameroun. Et qui sert de Centre d’incubation au Programme de promotion de l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes (Pea-Jeunes).

Technique de qualité

Situé à Obala, à une quarantaine de kilomètres de Yaoundé la capitale du Cameroun, « L’IAO a été créé pour offrir une formation en technique de qualité et faciliter l’insertion des jeunes dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage. Le cycle va du Bts, licence ingénieur au masters », explique son fondateur.

Le fonctionnement de l’IAO repose sur 3 piliers. La formation qui répond aux besoins de jeunes aux profils variés. « L’école dispose aussi d’une ferme de près de 50ha où les étudiants ont une formation pratique », explique un étudiant.

L’exploitation agricole sert aussi à renforcer l’autonomie financière de l’institut. Une partie des produits de la ferme sont vendus sur les marchés de Yaoundé. S’étant rendu compte que plusieurs étudiants avaient du mal à se mettre à leur propre compte faute de compétences en gestion et management  des projets, Louis Ndzié a mis en place le Dispositif de développement de l’entrepreneuriat rural (DDER) qui forme les 18-35 ans en gestion économique de projet agricole.

Reconnaissance de lEtat

A L’époque de sa création dans les années 90, il existait très peu de structure de ce genre dans tout le département de la Lékié dont dépend la commune d’Obala. L’IAO est venu combler un grand vide en offrant d’autres perspectives d’avenir à la jeunesse dans un contexte où la course était à un emploie à la fonction publique. Le chemin pour imposer l’agriculture comme métier d’avenir a été long. Il a fallu batailler auprès des parents, des autorités est les élèves eux-mêmes pour imposer sa vision. C’est en 2003 pour que l’IAO ouvre sa 1ére formation reconnue par l’Etat.

Aujourd’hui les défis de l’Institut agricole d’Obala restent importants. Il lui faut plus de ressources financières par exemple. Mais l’Etat du Cameroun et des Organisme comme le FIDA travaillent encore avec le projet. Ce qui est un bon espoir pour les jeunes qui viennent de tout le Cameroun pour se former.

Elsa Kane Njiale