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«Contrat de confiance», auto financement, sont entre autres stratégies qu’ont trouvé les  jeunes entrepreneurs agricoles  pour faire face à l’inévitable obstacle  financier qui se dresse sur le chemin de leur rêve.

Debout dans  son stand à la Foire Internationale des Affaires et du Commerce (FIAC), - une plateforme d’exposition  pour les produits made in Cameroun-,  Gaëtan Kouesseu, paraît fatigué, le visage suant parfois. Devant lui, une dizaine de visiteurs attendent d’être servir. Le promoteur du projet Cassava Dream’s,  expert en transformation biotechnologique, n’en revient pas de la forte demande de son pain fait à base de la farine de manioc. Pour satisfaire ses clients, il limite la demande à maximum cinq pains par personne. « Une amie m’a fait gouter à ce pain et je l’ai trouvé délicieux», déclare Carine, un acheteur debout dans les rangs.

 Avant cette foire, Gaëtan était très peu connu des consommateurs. En moins de trois jours, il est passé de  5 mille  à 50 mille pains de production journalière.  « La  plus-value de cette farine est qu'elle ne contient pas de gluten.  Donc, elle   est plus digeste réduisant ainsi les risques d'appendicite et de prise de poids », explique-t-il à ses clients.  Participer à cette exposition, est l’occasion pour cet entrepreneur, de nouer des partenariats, de trouver des investisseurs pour combler ses besoins financiers. Avec une dizaine de millions F Cfa réunie pour un début, ce Camerounais sollicite un appui gouvernemental pour développer son industrie. 

« Nous avons besoin de beaucoup d’argent. Des relations d’affaires ont été établies, des commandes passées et de nombreux contrats à concrétiser, notamment avec des structures de la sous-région qui ont apprécié nos productions, issus de la transformation du manioc », dit-il. Le projet  Cassava Dream’s propose une gamme variée de produits alimentaires et cosmétiques à base de manioc, issu de leur ferme.  

La réticence du privé

Tourné vers l’Etat,  Gaëtan Kouesseu espère satisfaire un besoin financier  qu’il n’a comblé dans le privé malgré ses multiples démarches.  Pour se développer, cet entrepreneur réinjecte ses revenus dans son capital. Selon, un banquier qui a requis l’anonymat, les banques camerounaises préfèrent financer les agro-industries que les petits producteurs. Qui généralement, ne disposent pas des garanties exigées, bien que représentant plus de 80% du secteur  agricole.

La déception avec les banques, Michael  Tchasso, producteur du champignon,  l’a vécu plusieurs  fois. «J’avais un projet déjà bien élaboré,confie-t-il,mais je n’ai jamais trouvé de financement au niveau des banques. Je me suis tourné vers le programme d’Amélioration de la Compétitivité des Exploitations Familiales Agropastorales (Acefa), les  conditions  de disposer un terrain et un compte bancaire ne m’ont pas été favorables ». C’est finalement avec sa bourse de 50 000 F Cfa - une prime remise aux meilleurs étudiants par le chef d’Etat- que cet étudiant de l’Université de Dschang a démarré sa champignonnière.

A en croire David Kengne, expert en microfinance et micro entreprise, le problème d’accès au financement s’étend dans tous les domaines d’activités au Cameroun. Selon cet expert, les raisons pour lesquelles les banques et les établissements de microfinance sont frileuses à accompagner les promoteurs agricoles sont entre autres la faible maîtrise du profil des promoteurs intervenant dans ce secteur, la faible maîtrise  des aléas climatiques, l’indisponibilité des instruments financiers pouvant rassurer les institutions financières en cas de survenance des cas de force majeure qui compromettent le remboursement des crédits tels que les fonds de garantie, les assurances agricoles et autres.

« Le Cameroun est l’un des rares pays très actifs dans l’agriculture et où les Compagnies d’assurance n’offrent aucun produit spécifique destiné à couvrir les pertes survenues à la suite de calamité naturelle ou simplement de changement climatique. A côté de tout ceci, il faut mentionner en bonne place la culture de non remboursement de crédit par les paysans qui confondent toujours le crédit qui est remboursable aux subventions qui ne sont pas remboursables », souligne David Kengne.

 Appui gouvernemental 

 Il existe, explique  le délégué régional de l’agriculture et du développement rural pour le Littoral, Jean Claude Konde, plusieurs dispositifs d'accompagnement financier et de nouveaux programmes proposés aux jeunes par le gouvernement. « Pour lancer ma culture de maïs, j’ai obtenu de la délégation départemental des semences améliorées et des conseils techniques, mais sans argent», affirme Gertrude, jeune agricultrice. Cet accompagnement commence par l’encadrement technique accordé gratuitement à tout porteur de projet, l’octroi des intrants  et parfois l’appui financier.

« La plupart des jeunes se lancent sans toutefois avoir un projet réaliste », déploie-t-il.  Depuis 11 ans, le ministère de l’Agriculture a initié le  Programme d’appui à l’installation des jeunes agriculteurs (PAIJA), financé à hauteur  d’un milliard F Cfa en 2017, pour  l’installation des jeunes dans l’agriculture

Au mois d’avril 2017, le gouvernement camerounais a officiellement lancé le  Projet de développement des chaines de valeurs agricoles (PD-CVA). Financé à 77% par la Banque africaine de développement et 21,5% par l’Etat du Cameroun, d’un coût global de 75 milliards F Cfa. D’une durée de 5ans, son  objectif est d’assurer la sécurité alimentaire dans les filières banane plantain, huile de palme et ananas.

Depuis 2010, la Banque mondiale, accompagne le Cameroun  dans le  Projet d’amélioration de la compétitivité agricole (PACA) et d'investissement et de développement des marchés agricoles(PIDMA). Avec une  enveloppe de près  50 milliards F Cfa sur une période de 7 ans, le PACA a pour objectif de booster la productivité agricole, grâce à des investissements dans les filières porteuses.

Déficit de communication

Cependant, il ne suffit pas de penser à un projet pour bénéficier  des fonds. « Il faut que les jeunes soient déjà opérationnels. S’ils n’ont pas  reçu l’appui du technicien ce n’est pas évident. Quand il s’agit de la production agricole il faut forcement le soutien d’un agent technique pour élaborer un plan réalisable », affirme Jean Claude Konde.  Le montant des subventions varie en fonction du projet et peut aller  au-delà d’un million F Cfa.  Il est  impossible, dit-il, pour un entrepreneur de compter exclusivement sur l’appui du  secteur public sans l’accompagnement du privé.

Cette panoplie de programmes d’aide aux agriculteurs est très peu connue des exploitants agricoles en zone rurale, qui représentent 57% de la population pauvre.  A Kindjing Djiabi, un village d’environ 1400 âmes, situé dans la  commune de Makénéné, dans la région du Centre, à 95% agricole, l’univers agricole est tout autre.« Comme tous les villages du Cameroun, le nôtre manque d’eau potable, d’électricité et surtout de route. C’est notre principale difficulté pour écouler nos produits. Si on avait une bonne route bitumée, les choses iront mieux», regrette le chef du village, David Kinding Ndjabi. Les  agriculteurs de ce grenier agricole, (riz, cacao, légumes, fruits), à défaut de disposer des institutions financières, ont développé une stratégie de préfinancement.

Prêt auprès des grossistes

 

Une initiative baptisée « contrat de confiance » avec les grossistes.  Ce partenariat permet aux acheteurs de préfinancer une campagne agricole, et d’être prioritairement  servis à la récolte. « Pour produire un hectare de tomates, si  j’ai besoin de deux millions de F Cfa minimum. Ne pouvant pas disposer de ce montant, je fais appel à un grossiste qui me fait un prêt. Pendant la récolte en fonction des termes du contrat, il a doit à la grande partie de  la production à un coût  avantageux», explique Anderson Akweh, un cultivateur.

Pour l’expert en microfinance et micro-entreprise, l’Etat doit accentuer ses efforts en mettant en place des conditions incitatives  au financement des jeunes notamment par des lois permettant l’introduction des instruments financiers adaptés au financement agricole comme le warrantage, le micro leasing, le retro leasing, l’affacturage agricole, l’agriculture contractuel, les tribunaux alternatifs, le crédit bureau.

De même, l’Etat devra protéger les petites entreprises agricoles nationales, en limitant les importations dans certains domaines. Ces mêmes lois devront limiter le pourcentage des matières premières importées et qui rentreront dans la transformation des produits agricoles locaux, comporter des dispositions flexibles qui permettent aux banques et établissements de microfinance, de pouvoir recouvrer rapidement les fonds prêtés.

Par ailleurs, l’Etat doit également combattre la corruption au sein des tribunaux publics en fixant notamment des délais pour vider des procédures commerciales introduites par les institutions financières auprès des instances judiciaires. Les banques et établissements de microfinance doivent à leur tour développer des produits financiers adaptés aux activités agricoles et pastorales.

« Les  jeunes promoteurs de leur côté doivent montrer leur volonté de travailler pour rembourser le crédit. Car de nos jours, plusieurs jeunes soumettent des dossiers de demande de crédit dans divers domaines. Lorsque les fonds sont décaissés, ils les utilisent pour payer leur caution auprès des ambassades européennes et s’expatrier à l’étranger pensant y trouver le mieux-être », conclut cet expert.

Marie Louise Mamgue

Du 1er au 2 août, les femmes rurales et les producteurs du département de la Lékié ont présenté les nombreux dérivés de ce tubercule.

L’arrondissement de Sa’a dans le département de la Lékié région du Centre a connu une effervescence particulière le mercredi 1er août et le jeudi 2 août. Dès les premières heures de la matinée, la place des fêtes près de la mairie de Sa’a a été prise d’assaut par une cinquantaine de femmes. Organisée en Groupe d’initiative commune (Gic) et en associations, elles sont venues de tout le département : Monatélé, Ebebda, Batchenga, Evodoula, Lobo. Okola, Elig-Mfomo et Sa’a.

L’Afrique centrale était aussi présente à cette 3ème édition de la foire du bon bâton de manioc avec le Rwanda, la Centrafrique et les Congo Rdc et Brazzaville. 28 tentes ont été dressées pour les permettre d’exposer des merveilles à base de manioc. Les recettes culinaires puisées dans le savoir-faire ancestral ont ravivé les souvenirs d’enfance à plus d’un festivalier. Il y avait du « Npkem » fait à base de feuilles de manioc pilées et de jus de noix de palme, le « Mbom Npkem », un mets de feuilles de manioc assaisonnés aux épices du pays, du tapioca jaune et blanc, l’amidon liquide et en poudre.

Selon Florence Ngah, la vice-présidente du réseau des producteurs et transformateurs de manioc de la Lékié (Reptramal), organisateur de l’évènement, il existe plus de 100 dérivés du manioc. Les femmes l’ont compris et ont innové. L’une des curiosités de cette foire a été le « bâton de manioc kilométrique ». Celui présenté par le Gic Jeprotuc d’Ebebda mesurait 17 m de longueur. Les saveurs modernes étaient aussi à l’honneur. C’est avec plaisir que le préfet et le maire de la localité ont croqué les beignets soufflés, gâteaux et crêpes à la farine de manioc. D’autres ont dégusté du whisky ou encore du jus de manioc proposé par Jacques Fabrice Onana, membre du Gic Unité.

100 dérivés du manioc

Ce savoir-faire est le fruit de 3 ans de collaboration avec l’Ong Ani-international présidé par Romuald Dzomo concepteur de la foire du bon bâton de manioc. La foire s’inscrit dans une triple démarche : celle de labelliser le bâton de manioc, élément du patrimoine immatériel de notre pays, de moderniser les méthodes de travail et de transformation jusqu’ici pratiquées par les agricultrices et de promouvoir l’autonomie de la femme rurale.

Les participantes  se disent satisfaites car elles ont gagné en maturité. « Nous avons appris beaucoup d’astuces et nos projets vont grandir », dit Eugénie Mballa, la trésorière de la société des coopératives des producteurs et des transformateurs d’Evodoula. Mariette Melinga  du Gic Oyili apprécie l’accompagnement reçu : « Nous avons noué plusieurs partenariats de qualité et gagner en autonomie».

Pour du concret, la première usine de transformation de manioc inaugurée le 1er août et du matériel offert (20 moulins à écraser, 5 séchoirs, 10 pressoirs, 10 rappeuses, 20 marmites, 20 fus de trempage, 5 groupes électrogènes), entre autres.

« Ce matériel va venir faciliter le travail des femmes, la production pourra augmenter et sera de bonne qualité. Les femmes vont devenir plus professionnelles », s’est réjouit Florence Ngah. Reconnu par les autorités pour son travail en faveur du développement local, Romuald Dzomo aspire à mieux. « Nous avons choisi de mettre sur pieds des projets structurants pour lutter contre la pauvreté », dit-il.  

Elsa Kane Njiale à Sa’a

Episode1 de notre série sur les promesses (agricoles) présidentielles. En pleine campagne électorale en 2011, Paul Biya, président de la république depuis 36 ans faisait cette grande promesse. A-t-elle été tenue ? Agri Check a vérifié pour vous.  

En cet après-midi ensoleillé du mois d’août, Mireille, son mari et ses voisins, vêtus de vêtements en pagne aux couleurs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), chantent à tue-tête à l’esplanade de la salle de fête de Ngomedzap, village de la région du Centre du Cameroun.

A loccasion du lancement de la campagne cacaoyère 2018-2019, trois hautes personnalités y sont attendues: le ministre du commerce, celui du Travail et la ministre déléguée auprès du ministre de lAgriculture et du développement rural.

A deux mois de l’élection présidentielle prévue le 7 octobre 2018, le bourg, qui vit essentiellement de lagriculture, compte profiter de cette visite pour présenter ses doléances.

« L’une de nos principales difficultés reste l’accès aux financements »

« On va leur demander de nous aider à mieux vivre de l’agriculture», commence Mireille, la quarantaine sonnée, les deux mains sur les hanches. « Non ! Non ! On va leur dire que sils ne nous aident pas avec les financements, on va pas voter pour Paul Biya », l’interrompt son mari, le ton plein de colère. « On a voté pour eux. On vote depuis plus de 30 ans pour eux. A chaque élection, ils promettent mais, rien ne se réalise », embraie près de lui, un homme sec, barbe de plusieurs jours, vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Paul Biya, président du Cameroun depuis 36 ans et en lice pour un autre septennat.    

Dans cette localité, les agriculteurs font face à plusieurs problèmes. «L’une de nos principales difficultés reste l’accès aux financements, souffle le président d’une coopérative, membre de la représentation locale du parti au pouvoir, qui souhaite garder l’anonymat. Pour améliorer nos récoltes, payer les engrais de qualité, agrandir nos plantations, il nous faut de l’argent et on n’en a pas. On nous avait pourtant promis l’ouverture d’une banque agricole qui devait nous octroyer ces financements. Mais, rien ! On continue de souffrir». Au Cameroun, le manque de financement reste l’une des  principales difficultés que rencontrent les agriculteurs. 

Pourtant, le 4 octobre 2011, Paul Biya, alors en pleine campagne électorale pour sa réélection à Maroua, capitale régionale de l’extrême-Nord, promettait à ses supporters qu’une fois réélu, il allait s’atteler au lancement de «la banque d’appui au secteur agricole ».

Le chef de l’Etat précisait aux militants venus l’acclamer: « les leçons tirées des échecs des banques agricoles du passé ont inspiré l’adaptation de cette nouvelle banque non seulement aux réalités modernes mais également au développement du secteur financier dans notre pays. Cette banque devra avoir en son sein un département de fonds de garantie permettant à l’ensemble du système bancaire d’intervenir avec efficacité et moins de risques dans le secteur agricole. Elle devra avoir également un fonds d’investissement consacré à la promotion des PME engagées dans le secteur agricole ».

Des belles promesses qui devaient permettre à Marie, son mari, ses voisins et les millions de camerounais investis dans l’agriculture, d’en vivre et de « développer» le secteur qui occupe « 60% de notre population», expliquait Paul Biya, sous les applaudissements de la foule.

Le projet de la Banque agricole suspendu

Sept années plus tard, la promesse n’a pas été tenue. Le projet de la banque agricole a été «suspendu». En effet, en mars 2018, lors de la neuvième édition du Cameroon Business Forum, un rendez-vous des acteurs économiques du Cameroun, Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie de la Panification et l’Aménagement du territoire, annonçait la suspension de la création de la banque agricole. 

«Nous avons pensé qu’il était mieux de renforcer la Banque camerounaise des PME (petites et moyennes entreprises, BC-PME ) qui ne marche pas déjà assez bien, au lieu de créer immédiatement une seconde banque », expliquait-il aux hommes d’affaires.

« La banque agricole est un projet qui tient à cœur le président de la République car, plus de la moitié des camerounais vivent de l’agriculture. La banque sera créée. Le projet est suffisamment avancé, assure à Agri Check, l’entourage du ministre de l’agriculture et du développement rural. Nous ne pouvons vous donner aucune date».

Visiblement, Marie, son mari, ses voisins et les millions d’autres agriculteurs en quête de financements attendront encore.

A lire dans le 2ème épisode des promesses (agricoles) présidentielles: la réduction des taxes à l’exportation des produits agricoles.

Depuis la dernière élection présidentielle en 2011, Paul Biya, chef d’Etat actuel et en lice pour un autre septennat, a promis d’assurer « l’autosuffisance alimentaire » du pays.

Dans son discours du 4 octobre 2011 à Maroua, capitale régionale de l’Extrême-nord,  celui qui dirige le Cameroun depuis 36 ans, confiait à ses supporters, son ambition de « développer» l’agriculture, «véritable richesse», occupant « 60% de notre population ».

Dans le cadre de ces « Grandes réalisations », il déclinait  les « 5 principaux trains de mesures ». Sept ans après, ces promesses ont-t-elles été tenues? 

Qu’en-est-il des autres promesses agricoles faites dans ses différents discours à l’occasion de la fête nationale, la fête de la jeunesse, la fin d’année…

A deux mois de l’élection présidentielle prévue le 7 octobre 2018, l’équipe Agri Check d’Agripreneur d’Afrique vérifiera pour vous,  ces promesses faites tout au long de son dernier septennat.

Nous nous interesserions aussi aux déclarations (agricoles) agricoles des candidats.

Merci pour votre fidélité.

Romuald Dzomo, le président d’Ani-international présente la foire du bon bâton de manioc prévue du 1er au 2 août à Sa’a avec pour objectifs de développer la filière, vulgariser les bonnes pratiques agricoles et outiller les femmes rurales.

La foire du bon bâton de manioc et ses dérivés s’ouvre ce mercredi 1er août dans la ville de Sa’a au Cameroun. De quoi s’agit-il concrètement ?

La foire est l’occasion de montrer les activités que nous menons avec les femmes rurales pendant l’année. Il s’agit d’un événement annuel organisé par l’association Afrique et nouvelles interdépendances (Ani-International) que nous avons lancé en 2016 d’abord sous la forme d’un concours du bon bâton de manioc. Après deux éditions et au regard de leurs succès nous avons pensé qu’il serait bien de faire grandir le projet en l’étalant sur deux jours. Cette année, la ville de Sa’a dans le département de la Lékié, région du centre est à l’honneur avec des activités agricoles, gastronomiques et culturelles.

Nous attendons 250 exposants spécialisés dans la culture et la transformation du manioc en produits dérivés (Couscous, gari, amidon, bâton de manioc, etc). Ils viendront de tous les arrondissements et villages du coin. Des experts de l’Institut de la recherche agricole pour le développement(Irad) seront chargés de goûter les produits et fournir conseils et avis techniques sur la qualité de ces produits particulièrement du bâton de manioc.

Comment est née la foire du bon bâton de manioc ?

Elle est née d’un constat triste et alarmant : l’important exode rural des jeunes et femmes face à l’absence de perspectives d’avenir dans les communes du département. Par la suite un réseau des producteurs et transformateurs de manioc d’environ 700 membres s’est constitué. Nous avons mis ensemble la diaspora camerounaise, les femmes rurales et les partenaires locaux pour pouvoir booster et moderniser les activités de transformation autour du manioc.

Quels sont les objectifs visés ?

Notre objectif est de favoriser la vente à une vaste échelle, des produits issus de la transformation du manioc. Cela sera possible grâce à une transformation normée et de qualité où les règles d’hygiène sont respectées. Les coopératives avec lesquelles nous travaillons sont engagées sur plusieurs projets. Nous sommes en train de mettre en place une mutualisation des matières. Comment est-ce qu’on peut produire deux fois plus le même bâton de la même façon. C’est pour cela que nous avons mis sur pied la fiche technique du bâton de manioc qui sera partagée auprès des femmes

Les femmes rurales sont au cœur de vos actions ?

Oui. Ce sont les premières actrices de la filière.Les femmes ont toujours cultivé le manioc mais aujourd’hui elles font face à la rareté des terres cultivables. Les femmes sont obligées d’aller chercher dans d'autres départements notamment le Mbam. Nous essayons de leur montrer comment cultiver et avoir un bon rendement même sur de petites surfaces.

Et là, nous avons mis les femmes en partenariat avec des structures qui leur donnent des boutures. Ce qui leur permet de mieux cultiver. C'est là le premier point. Le deuxième c’est que nous travaillons à une meilleure transformation du manioc. Parce que sur la question de transformation, les femmes ont toujours fait le bâton de manioc mais il faut que cela soit fait avec des normes, le respect des règles d’hygiènes.

Nous leur donnons des machines pour qu’elles ne souffrent plus dans la transformation. Troisième point nous sommes en train de voir comment les accompagner dans la commercialisation. C’est un enjeu majeur car, si nous les accompagnons, elles ne vont plus se promener avec des cuvettes de manioc ou de bâton de manioc dans le marché. Tout le travail consiste à voir comment on peut faire mieux. Ce n’est pas facile car, parler à une femme de ce qui va se passer dans un an ou 2 ans, c’est très loin pour elle. Donc, nous travaillons pour qu’elles acceptent ce que nous leur proposons.

Pourquoi l’intérêt pour le manioc et non une autre culture ?

C’est l’or blanc et surtout un des tubercules les plus consommés et transformés au Cameroun. Nous nous sommes rendus compte qu’il y’a un enjeu réel sur la problématique du manioc. Cela signifie qu’il y’a un travail à faire et que le manioc peut nourrir, ses dérivés peuvent permettre de faire la farine et beaucoup d’autres choses. L’une des faiblesses de notre économie rurale c’est que nous avons toujours fait les choses de façon ancestrale. Nous devons moderniser les façons de faire sans dénaturer le produit.

Nous leur apportons aussi après avoir réfléchi à la modernisation, l’amélioration de la culture. Nous avons travaillé avec le Programme d’investissement et de développement des marchés agricoles. (Pidma). L’Irad nous a permis de comprendre que c’est la variété campo qui est la mieux adaptée pour faire le bâton de manioc. Il y’a plusieurs variétés de manioc. Il y’en a qui font du bon tapioca, du bon couscous. Le 1er août, la première unité de transformation équipée de matériel agricole de transformation avec l’aide du Pidma sera inaugurée à cette occasion.

Propos recueillis par Elsa Kane Njiale

En plus des avantages sur le plan nutritif, cette fécule limite les importations de la farine de blé et favorise la création des emplois.

C’est elle qui retient l’attention au Centre africain de recherches sur bananiers et plantains (Carbap) depuis quelques temps. La farine de plantain. Véritable curiosité pour beaucoup de camerounais qui la découvre ces jours via ce Centre qui en fait une grosse promotion. Pourtant, explique le chef de la division de la coopération et de l’appui au développement au Carbap Alain Fonin, «la farine de plantain existe depuis plus de 10 ans. Maintenant, nous travaillons à ce qu’elle sorte des laboratoires pour les boulangeries, les restaurants, les ménages et l’industrie agroalimentaire».

Comme  caractéristiques, la farine de plantain est énergétique et riche en micronutriments (0,9% de Ca, 0.1% de fer, 31.6% de glucides, 0.3% de lipides, 1.2% de protides et une valeur énergétiques de 124 Kcal.) Elle ne contient pas de gluten ni colorant, ni conservateur. Un gros avantage sur le plan nutritif. On l’utilise pour fabriquer du pain, des viennoiseries, des crêpes, des biscuits, des confitures etc. Bref «elle fait tout ce qu’une farine peut faire». On retrouve le kg chez des distributeurs à 1500 Fcfa. L’un de ces utilisateurs, Sugarail a reçu le prix de meilleur chercheur indépendant pour l’utilisation de cette farine en boulangerie au Jersic (journées d'excellence scientifique et de l'innovation au Cameroun) en février dernier.

Investisseurs

Le centre africain de recherche sur bananiers plantains sous-traite la fabrication  cette farine auprès d’une coopérative qui a construit ses propres équipements pour le séchage et sa transformation. La matière première utilisée est issue des champs semenciers du Carbap. Elle a une capacité de production de 6 tonnes de farine tous les mois, soit 2 tonnes tous les 10 jours. Un score bien minable face à la farine de blé  qui avoisine les 500 000 tonnes de production totale par an au Cameroun. «C’est pourquoi nous en faisons une grosse promotion afin que les investisseurs s’y intéressent et valorisent à grande échelle ce produit de la recherche», informe Alain Fonin.

Une industrialisation qui va créer à coup sûr des emplois,  et «permettre de faire des économies d’échelle afin de baisser les coûts de production et impulser un alignement de l’ensemble de la chaîne de valeur (semenciers, planteurs, commerçants…)». Pour l’instant, selon les chiffres du Carbap, 70% des plantations dédiées au plantain ont des superficies inférieures ou égales à 2 hectares. Or, il faut mettre en place des agro-industries pour développer ce secteur. Pour cela, des mesures gouvernementales doivent être prises pour le renforcement des capacités des planteurs, l’appui à la mise en place de systèmes d’irrigation, et le désenclavement des pistes agricoles. Sinon, les agriculteurs continueront de faire «20 à 40% de perte post récoltes». Pour le Carbap, «La modernisation des infrastructures de production de semences de qualité et en quantité industrielle pourrait également permettre de soutenir la mise en place des plantations par lesquelles la matière première qui répond à la demande de l’industrie de la transformation est produite». Pour l’avenir de cette farine de plantain, un plaidoyer auprès du secteur privé est  entreprises par le Carbap pour son industrialisation et la sécurisation de la filière. Ses chercheurs travaillent sur de nouvelles variétés de plantain qui faciliteraient davantage sa transformation. Au carbap, on espère une émergence de la filière banane plantain structurée avec impact sur le revenu des acteurs d’ici 2022.

Adeline Tchouakak

En 2014, Appolonie Marlyse Ngah a fermé le bar qu’elle gérait à Yaoundé pour construire une porcherie où elle élève en moyenne 80 porcs. Face au succès, cette dynamique trentenaire envisage d’investir dans l’exploitation agricole. Entretien.

Ce n’est pas très courant de voir des femmes se lancer dans l’élevage des porcs. Vous avez reçu un prix. Comment retrouvez-vous dans l’élevage ?

Je me suis retrouvée dans ce domaine en 2014 grâce aux conseils d’un ami. Avant, je tenais un bar et un restaurant pour subvenir à mes besoins et ceux de ma famille. Mais ça ne marchait pas très fort..Cet ami a souligné que je pourrais avoir des bénéfices plus intéressants si je me lançais dans l’élevage. J’avais la possibilité de produire mais aussi de transformer et de revendre tous ces produits sur le marché. L’idée m’a emballée d’autant que ce projet ne demandait pas un gros investissement financier.

Quelles difficultés avez-vous rencontré pour lancer votre projet ?

Cela fait pratiquement 4 ans et j’avoue n’avoir pas eu des de gros problèmes. J’ai commencé avec 3 porcs : deux femelles et un mâle.  J’ai souvent entre 80-90 porcs repartis entre 4 et 5 porcs par box. Actuellement vous remarquez que certains box de la porcherie sont vides. C’est parce que j’ai d’autres engagements à ce moment et je ne pouvais plus gérer un si grand nombre de porcs. Je me plais beaucoup dans cette activité. Jusqu'à présent je n’ai pas connu de perte dans mon troupeau ni sur le plan financier. Vous savez, j’ai aussi fait l’élevage des poulets et je peux donc comparer les deux. Avec le poulet, la grippe aviaire a décimé mon poulailler et a failli me ruiner.

Pouvez-vous nous présenter votre troupeau ?

 J’ai un troupeau de 26 porcs de la race Duroc. C’est un cochon de grande taille à la robe rouge-brique qui produit de la viande de bonne qualité.  Le prix d’un porc se fixe premièrement à partir de la race ( ) et ensuite du gabarit. Actuellement, je n’achète pas de porcelets parce que j’ai des mères dominantes qui mettent bas.J’ai appris à engraisser les porcs. En 6 mois, j’ai un porc de 100 000, à 13 mois, il va à 350 000 FCFA. Pour grossir, le porc a besoin d’une alimentation riche en fibres, protéines, graisse. Cependant lorsqu’on se lance dans l’élevage d’un tel animal, l’un des préalables c’est d’avoir assez d’espace. Ma maman est de Yaoundé j’ai donc cette opportunité d’avoir un vaste espace. Le plus difficile avec un troupeau de cinquantaine de têtes c’est  de nourrir ses bêtes.

Qui sont vos clients ?

Ma clientèle est hétéroclite. Des particuliers passent des commandes pour des cérémonies de dots, de mariages, des réunions, etc,  et des commençants et restaurateurs qui veulent de la viande de bonne qualité à un prix accessible. Je me déplace rarement pour les ventes. Mes clients viennent chez moi parfois à 5h chercher leurs cochons 

L’élevage porcin demande de solides connaissances pour le maintenir le troupeau en bonne santé. Comment faites-vous ?

 Oui tout à fait. J’ai pour cela effectué une courte formation. Elle était essentiellement pratique. Des vétérinaires de Mvog-Betsi sont venus ici sur le terrain et m’ont enseigné comment prendre soins de mes bêtes, à faire des injections. Je me bats beaucoup pour éloigner les mouches. Vous pouvez constater autour de vous, il n’y aucune mouches, pas d’odeur parce que ce qu’elles sont porteuses de maladies. J’utilise les désinfectants pour tout nettoyer.

Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes femmes qui veulent se lancer dans cette activité ?

 Je dirais aux jeunes qu’il faut s’investir sans regarder derrière. L’élevage paye. L’agriculture aussi. J’ai construit ma maison grâce à l’élevage des porcs et reçu un prix.La femme d’aujourd’hui c’est celle qui doit subvenir aux besoins de sa famille même si elle est mariée. C’est toujours bien d’avoir un plus pour améliorer ses conditions de vie. Entreprendre nous aide à gagner confiance en nous. On devient plus audacieuse et c’est bien.

Vous êtes une femme très dynamique. Vous êtes une trentenaire à la tête d’une porcherie et d’une exploitation agricole que vous gérez vous-même. Les femmes fortes font parfois reculer les prétendants ?

 C’est vrai que les hommes ont peur et que parfois il y a de l’arrogance. Mais une femme doit rester femme peut importe les millions qu’elle a en poche et même si son époux gagne 10 000 f cfa. Une femme dynamique, c’est celle qui encourage, motive son compagnon pour le mettre en haut comme on dit trivialement. En d’autres termes, c’est une femme qui peut jouer le rôle de mentor et aider son ami à prendre des initiatives. Lorsque vous avez l’esprit d’esprit d’entrepreneuriat, vous pouvez décider d’ouvrir un comptoir pour lui, de lui donner un fonds de commerce. Je peux être malade aujourd’hui qui va m’aider si ce n’est pas cet homme-là !

Propos recueillis par Elsa Kane Njiale à Yaoundé

Diplômé en Science de la terre et de l’univers, c’est sans regret que Gilbert Atangana s’est lancé dans l’agriculture.

A Nkolmefou 1, petit village de la Mefou-et-Afamba situé derrière l’aéroport de Nsimalen, tout le monde connaît Gilbert Atangana et son intérêt pour la tomate. Depuis longtemps, les paysans de la contrée s’illustrent dans la culture du maïs, le manioc et les arachides auxquels s’est ajouté plus tard le palmier à huile. Ce n’est que récemment sous la houlette de jeunes comme Gilbert Atangana que les agriculteurs se sont ouverts aux cultures maraichères pour diversifier leurs sources de revenus.

« La tomate parce que selon l’étude du marché que j’ai réalisé, l’offre reste encore inférieure à la demande par ailleurs le Rio grande est la variété la plus demandée à cause de son prix stable sur le marché», souligne le jeune agriculteur très organisé dans son projet. Rentrer au village ne l’a pas effrayé un seul instant. Au contraire ! Alors après sa licence en science de la terre et de l’univers, il s’inscrit en 2016 à l’Ecole pratique d’agriculture de Binguela pour une formation théorique et pratique.

Prudent, Gibert Atangana prend encore un temps d’observation en se portant volontaire auprès d’une connaissance qui fait aussi dans la tomate. « Comme ca tu es vite confronté aux joies et aux peines du métier. C’est la meilleur façon pour être sûr de ce que tu veux faire », explique le jeune homme.

Au village, la famille met un hectare 2000 mᵌ de terre familiale à sa disposition. L’emplacement est stratégique, près d’un lac parce que « la tomate demande beaucoup d’eau. Sans ce précieux liquide, elles ne prennent pas de volume », tient-il à préciser. Gilbert Atangana bénéficie de l’appuie financier du programme entrepreneuriat agricole spéciale jeune (Pea-Jeunes) et débute la mise en œuvre de sa plantation fin 2016.

100 kg de tomates recoltées

 Cette étape de trois mois s’est déroulée en plusieurs phases : (la préparation du site et de la pépinière, le plantring et le traitement des plants). « J’utilise l’engrais bio et chimique pour mes belles tomates. Le bio serait l’idéal mais les acheteurs ne font pas la différence et ne veulent pas mettre le prix pour le bio », regrette-t-il.

Depuis le début de ce mois, Gilbert Atangana qui s’est associé à trois autres jeunes du village a débuté la récolte des tomates. Elle va durer trois mois. Lundi et mardi dès 6 h tout le monde s’est rendu au champ pour cueillir plus de 100 kg de tomates qui font la fierté de son propriétaire. Quand les ménagères se bousculent pour ses tomates, l’agriculteur oublie ses journées entières sous le soleil sans eau à boire. Il pense déjà à créer un champ de salade.

Elsa Kane Njiale à Nkolmefou1

Elève en classe de seconde,  Annour Adam Mahamouth, 20 ans, a démarré sans fonds. Il possède aujourd’hui un poulailler de 500 poulets de chair.

Orphelin de père depuis plus d’une dizaine d’année, Annour Adam Mahamouth, communément appelé Nour, n’a qu’une source de revenus: la vente des  produits aviaires. Une activité qui lui procure de quoi survivre, prendre en charge sa famille  et financer ses études. « Je n’ai pas fait une école d’agronomie, encore  moins, une formation en élevage. J’ai appris en aidant les autres. Je me renseigne chaque fois que je suis avec les ainés, je pose des questions et je fais de mon  mieux pour ne pas oublier. C’est ainsi que  je m’y suis lancé progressivement, tout en gardant contact avec eux » relate-t-il.

 Début exceptionnel

A ses débuts, ce  jeune éleveur a commencé par la   collection  des poussins mourant, abandonnés par les éleveurs, qu’il  a réussi à ramener à la vie. Les survivants vont bénéficier des soins appropriés et nourris aux déchets ménagers.  « Quand il y a production d’aliment, je viens poliment aider ceux qui travaillent dans l’usine et à la fin, je ramasse les aliments tombés. Quelques fois, je demande aux   producteurs eux-mêmes quelques kilos d’aliment pour ma ferme. C’est ainsi qu’avec les premières expériences, j’ai pu faire des économies pour avancer » se rappelle-t-il. Grâce à sa persévérance, cet éleveur qui ne disposait d’aucun fonds,  est  aujourd’hui à la tête d’un poulailler de près de 500 poulets.  

Autrefois  démarcheur, il est devenu au fil des années   fournisseur et employeur. Ses clients sont les hôtels, les ménages, les particuliers et tout consommateur du poulet. Ses prix varient de 2.000f à 3.000f, selon le poids et l’âge de la volaille.  « Mon papa me disait que  pour aller loin dans la vie, il faut être aimable, serviable avec tout le monde tout en respectant ses principes personnels. Aller doucement est ce qui nous donne de l’assurance à bien voir et corriger nos erreurs. Il ne faut jamais abandonner quand on sait qu’on est sur le bon chemin » conseille  Annour Adam Mahamouth.

Fils de la sentinelle de la Société Nationale de Production Animale (Sonapa), l’unique structure de production aviaire à N’Djamena, devenue Coopérative des Producteurs pour le développement de l’Elevage (C.P.D.E), il a su en tirer un avantage. Entre autres,  l’apprentissage de la composition des aliments des poulets, la réception des poussins, les démarches de liquidation, les stratégies de clientèle. « Mon père m’a confié  que la clé de l’apprentissage est la curiosité, la bonne. Toujours chercher  à comprendre. Ne rien lâcher au cours de route et être aimable avec les gens, qu’importe leur caractère. C’est difficile mais je tiens encore le coup » affirme ce  jeune éleveur.

Défis et perspectives

En dépit des difficultés qu’il connait, Annour Adam Mahamouth, attend réaliser des grandes choses.  « Je compte agrandir mon poulailler,  mais, je n’ai pas  assez d’espace pour le faire. Avec le temps, je vais construire sur un terrain personnel mon poulailler avec une capacité conséquente. Je rêve de faire partie des grands éleveurs du Tchad, et inch’allah (Dieu voulantndlr) j’y arriverai. Je fais tout cela pour ma famille et pour financer  mes études. C’est une activité de grands risque, où un faux pas nous fait tomber au plus bas de l’échelle, mais j’ai espoir que ça va s’améliorer, malgré la concurrence », pense Annour. .

Les difficultés majeures auxquelles il est confronté, sont entre autres, selon cet éleveur,  la cherté des denrées de première nécessité pour l’alimentation de la volaille, l’accessibilité au fonds pour se développer, la clientèle qui se fait de plus en plus rare. « Les poulets congelés importés, est un obstacle pour les producteurs locaux.  Nous sommes oubliés et produisons à perte. Les poulets congelés importés coûtent moins chers que ce que nous élevons sur place. Nous comptons mener des campagnes pour sensibiliser les Tchadiens  à consommer le poulet  local et frais » dit Annour.  

Marabeye Archange, N’Djamena-Tchad

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Agriconseil du mois

Garfa Fatimé Aldjineh, la 2ème femme architecte de l'histoire du Tchad qui élève des poules pondeuses: «Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander des conseils pour mieux avancer».

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