Des grandes banques en France à l’élevage des porcs: le success-story d’une fermière congolaise

Clenne Mouangou est rentrée dans son Congo Brazzaville natal sinvestir dans lélevage. Elle est passée de cinq à plus de 200 porcs.

A 38 ans, Clenne Mouangou est une éleveuse de porcs. La fondatrice de CMAgrobusiness, une entreprise agroalimentaire, est une femme « Déterminée», « ambitieuse », « dynamique».

Pour Agripreneur dAfrique, elle a délaissé lespace dune interview, sa ferme située à 20 kilomètres de Brazzaville, la capitale, pour répondre à nos questions. 

 Après un master 2 en Finance décroché à l’école supérieure de gestion de Paris, en France, vous travaillez dans les grandes banques. Puis vous sentez l’envie de tout plaquer pour rentrer au Congo Brazzaville. Pourquoi ?  

Je n’étais plus du tout épanouie dans ce que je faisais, je ne me plaisais plus dans ce domaine. J’avais le sentiment que je devais faire quelque chose de plus intéressant, j’étais à la recherche d’un nouveau challenge. 

Au Congo, vous commencez par la vente de vêtements. Puis, l’élevage….

J’ai une passion pour le secteur agricole et de plus je voulais me lancer dans une activité où je serais utile à ma communauté, où je pourrais apporter un plus. 

Votre choix se porte sur l’élevage de cochons, pour certains, c’est salissant. D’où vient cet amour pour ces bêtes ?

Oui j’avoue que mon choix de faire l’élevage de porcs paraît surprenant. Mais je dois dire qu’au début j’hésitais entre les poulets et les porcs. C’est en discutant autour et en écoutant les conseils que mon choix s’est porté sur l’élevage de porcs. 

Vous débutez officiellement le 1er janvier 2015, avec quatre truies et un porc

Tout simplement qu’a cette période, après avoir acheté le site d’un hectare sur lequel se situe la ferme, fait tous les travaux nécessaires, on m’avait conseillé de commencer avec ce nombre, il ne fallait pas commencer avec un nombre important étant donné que je débutais l’activité. 

Mon cheptel s’est très vite développé. En deux ans j’ai atteint un cheptel de plus de 200 porcs. Aujourd’hui, mon objectif est de passer à la phase de transformation du porc qui pourra apporter de la valeur ajoutée au produit.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face?

Les difficultés sont nombreuses mais jusque là je tiens ferme. Rien que le fait d’entreprendre dans un domaine plutôt masculin était la première difficulté. Trouver des interlocuteurs qui vous prennent au sérieux et qui ne voient pas en vous une simple femme, était une difficulté. J’ai du prouver, m’imposer et montrer que je suis capable moi aussi de faire de la production de viande de porcs. C’est un challenge quotidien!

Il serait Important de réfléchir à des réelles solutions de soutien aux entrepreneurs notamment dans le secteur agricole. En tant qu’entrepreneur on se sent souvent seul, pas d’accompagnement, pas de financement et c’est fort dommage. 

Quels conseils pouvez-vous donner aux femmes souhaitant se lancer dans l’entrepreunariat ?

Je dirais d’avoir confiance! Il est important d’avoir confiance en soi, de croire en ce que nous sommes capable de faire car ce n’est pas une chose que l’on pourra trouver de l’extérieur. La confiance en soi est un sentiment important lorsque l’on décide d’entreprendre, c’est cette force qui va nous pousser à aller au bout de nos objectifs. Il faut rester concentré sur des objectifs car malgré les obstacles il faut garder en tête notre but à atteindre.

Théophile Minlo

Agriconseil du mois

Garfa Fatimé Aldjineh, la 2ème femme architecte de l'histoire du Tchad qui élève des poules pondeuses: «Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander des conseils pour mieux avancer».

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