Un pari réussi avec les haricots rouges

Grâce à cette culture, Safari Sindabinye, 31 ans, subvient aux besoins de sa famille et possède sept plantations.

Safari Sindabinye a 31 ans. Il vit et fait vivre sa famille grâce à ses champs de haricots. A Bushara, village du territoire de Nyiragongo situé à trois kilomètres de la ville de Goma, à l’Est de la République démocratique du Congo, cette culture est l’activité principale de ce père de trois enfants. Safari a 7 champs. Dès son jeune âge, il a aimé l’agriculture en voyant ses parents. En grandissant, le jeune homme a opté pour les haricots, un produit « très consommé dans la région » et donc la moisson intervient quatre mois seulement après la semence.

« L'agriculture est non seulement une passion mais aussi un métier pour la vie », sourit l’homme. Au village, il est l’un des rares trentenaires à posséder des terres. En 2009 Safari n'avait pourtant que deux champs – légués par ses parents- où il diversifiait les cultures avant de se consacrer aux haricots. « Je cultivais les patates douces, les bananiers, maïs et haricots, en petite quantité. Les haricots produisaient mieux. C’est ce qui m'a permis d'avoir des moyens et acheter cinq autres champs ». Pour acquérir ces terres, Safari a dépensé plus d’un million de Francs Cfa en 8 ans.  

A Bushara, sa journée de travail commence aux premières lueurs de l’aube. Chaque matin, il fait le tour de tous ses sept champs éparpillés dans le village. Il se fait accompagner par sa femme qui n’est pas novice dans le domaine. Ensemble, ils sarclent et assurent la sécurité des champs contre les voleurs et les bêtes en divagation.

A chaque récolte,  Safari gagne environ 90 000 F. Cfa par plantation. Des bénéfices qui lui ont permis de construire une maison en planches dans une région où ce type de construction est encore un luxe, d’envoyer ses enfants à l’école et surtout de donner un capital à son épouse. Elle a lancé sa petite activité commerciale et complète les charges ménagères.

Conflits armés

En ce qui concerne la vente, Safari a juré de ne plus vendre ses produits au village. Il les amène à Goma, la grande ville proche, où les prix sont plus élevés. De plus, les frais de transport sont abordables. Mais, Safari Sindabinye, comme de nombreux agriculteurs de la région, est exposé à de nombreux dangers tels les vols et la divagation du bétail dans les champs.

« Durant les trois dernières années, nous avons connu une forte augmentation de la population, fuyant la guerre dans des régions en conflits. Certains sont venus avec leurs bétails qui envahissent nos champs. D'autres manquent parfois à manger et pénètrent dans les champs pour voler», soupire l’agriculteur.

Loin d’être un handicap, cette  surpopulation est un atout pour le jeune homme. Il  compte acheter des champs dans d'autres régions éloignées du village. Les récoltes lui permettront de nourrir ces « personnes de plus ». D’ailleurs, un autre objectif occupe son esprit : construire une seconde maison qu'il mettra en location.

Sammy Mupfuni à Bushara

 

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.

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