A N’Djamena, des filles-mères vivent grâce à la vente des mangues

Agées entre 16 et 35 ans, elles s'occupent de leurs enfants avec les bénéfices obtenus.

Elles sont âgées entre 16 et 35 ans. Venues des différents quartiers de N’Djamena, la capitale tchadienne, l’objectif commun de ces vendeuses de mangues est la survie. Elles sont fille-mère. Ce qui justifie leur combat quotidien pour nourrir leurs enfants : « je me bats pour mon fils. Il a 3 ans et je me dois de le nourrir. Son papa ne prend pas les charges comme il se doit », lâche Yayam, 25 ans.

Leur activité se déroule entres les marchés de la capitale, les carrefours et les points fréquentés par les jeunes tels les cinés clubs, les stations-services, les alimentations et buvettes. Certaines sont ambulantes, d’autres vendent sur un étal ou un tabouret. But ? Vendre le maximum de mangues pendant la journée.

Pour ce faire, s’organisent quelques fois à trois ou quatre, pour acheter une caisse de mangue et la vendre conjointement. Elles se ravitaillent au marché de Dembé dans le 7ème arrondissement ou au marché Ndombolo dans le 3ème. La caisse coûte en ce moment 12 000 F.CFA. En saison de récolte (entre mars – avril), le prix de la caisse nageait entre 7 000 et 9 000 F.

 Entre 3000 et 4 000 F. Cfa de bénéfice par vente

Selon elles, une bonne vente peut rapporter un bénéfice de trois à quatre mille francs, sous certaines conditions. « Pour se faire un bon revenu, il faut étudier la catégorie de la clientèle du coin. La propriété des mangues est aussi un atout pour attirer les clients. Personne ne voudra manger ce qui est sale ! En plus, il y a l’accueil et la manière d’aborder les clients qui joue un rôle important », explique Solange Gracia.

En ce moment, la mangue la plus prisée est « l’Aoulée », la mangue greffée. Elle provient du sud du pays  et du Cameroun voisin. Pourtant, la préférence des consommateurs reste la mangue naturelle : « elle est plus succulente que ce qu’on achète en ce moment. La conservation laisse à désirer. On nous explique que les commerçants grossistes versent de l’eau chaude dessus pour que ça murisse vite », se plaint un consommateur.

Les mangues se vendent en différentes manières. Il y a celles qui vendent uniquement en tas de 500/750 F.CFA. Les autres préfèrent vendre en détail, l’unité oscille entre 50 et 200 F.CFA. Leurs bénéfices servent à entretenir leur famille et surtout, assurer le bien-être de leurs enfants.

Avec la saison des mangues qui s’achève, les filles-mères rencontrent de nombreux problèmes, notamment en ce qui concerne la quantité, l’accessibilité et le prix qui augmente et impose un changement de régime à ces vendeuses. Déjà, beaucoup d’entre elles ont embrassé la vente des fruits de l’heure, en espérant trouver de quoi nourrir leurs enfants !

Marabeye Archange, à N’Djamena

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.

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